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Ken Loach : Moi, Daniel Blake...et nous

Catégorie : Culture

A l’occasion de la projection de ce film à l’Utopia de Tournefeuille, entretien avec Marcel Leroux, membre du bureau d’Attac Toulouse, qui a animé le débat qui a suivi le film.

En résumé :

Le film « moi, Daniel Blake » est conçu comme un cri de colère contre la destruction systématique, par les gouvernements de droite comme de gauche, des acquis sociaux de l’après-guerre,

Cette radiographie saisissante de l’Angleterre des laissés-pour-compte représente-telle une fatalité sociale dictée par l’ultra-libéralisme outrancier ; en France la loi travail ne préfigure-telle pas cette régression sociale ?

Ken Loach dénonce la dérive du système britannique. Ou comment le principe des aides sociales se trouve désormais mis en cause par l’Etat, qui en a confié la gestion à des sociétés privées dont les salariés sont rémunérés sur objectifs.

Ken Loach dénonce les moyens mis en œuvre par l’Etat : la culpabilisation des chômeurs, le mépris des chômeurs qu’on renvoie vers des standards téléphoniques kafkaïens ou à qui on impose d’utiliser internet dont ils ne savent pas se servir, pour accomplir les formalités. Cette dérive n’est-elle pas en  de s’installer chez nous où de nombreux services publics ne communiquent qu’avec des automates téléphoniques ou internet ?

Ces mécanismes de contrôle social, ces paperasses kafkaïennes seraient justifiées par la fraude sociale alors que, d’après The Spectator, le journal de référence des intellectuels et dirigeants conservateurs, l’un des points de départ de l’écriture de ce film était le fait que le grand public croit que la fraude aux allocations sociales représente 24 % des versements alors que les organismes l’estiment à 0,7 % Ne peut-on pas faire le parallèle en France où une partie de l’opinion publique stigmatise les chômeurs assistés, voire tricheurs attisée en cela par les discours de droite et d’extrême droite et une partie des sociaux-démocrates?

Puisqu’il n’est plus possible de parler d’une seule voix, une voix seule se fera entendre, c’est un peu le même ressenti avec le film Merci patron, n’est-ce pas inquiétant, même si ces cris de rage sont salutaires ?

Pour terminer sur une note optimiste, soulignons l’initiative de « http://www.zerodeconduite.net/» qui propose un dossier pédagogique en direction des lycées à partir de ce film.


Jean-Pierre BARO
Par Jean-Pierre BARO
mercredi, 09 novembre 2016 16:54
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