Tout est allé très vite :

Le 13 juillet, la cour administrative d'appel de Bordeaux confirme l'annulation de l'arrêté préfectoral de 2013, autorisant la destruction d'espèces protégées. C'est une victoire pour les opposants au projet Val Tolosa

Le 19 juillet, le préfet de Haute-Garonne publie un nouvel arrêté, qui autorise à nouveau la destruction d'espèces protégées en s’appuyant sur un avis favorable du Conseil national de la protection de la nature, organisme rattaché au ministère de l'Écologie.

Le 22 juillet, France Nature Environnement et «Non à Val Tolosa» déposent une demande d'annulation du nouvel arrêté, qui pour eux est identique au précédent, et donc frappé d'illégalité. Ils en appellent au ministre de l'Écologie pour faire arrêter le projet.

Le 24 juillet, les collectifs et associations d'opposants entament le blocage des deux accès au site du chantier de Val Tolosa. Ils se relaient, jour et nuit, pour empêcher les engins de chantier d'y pénétrer.

Le 28 juillet, le tribunal administratif de Toulouse, saisi en référé par les opposants à Val Tolosa, suspend l’arrêté du préfet du 19 juillet en attendant le jugement sur le fond. Cela devrait retarder de plusieurs mois le chantier et contrarier la tentative de passage en force du promoteur. A moins qu'Unibail ou la préfecture contre attaque.

En effet, dans ce dossier Val Tolosa il y a, selon Vanessa Vertus (Reporterre), « des conflits d'intérêts à tous les étages - Le promoteur de Val Tolosa est peuplé d’amis d’Emmanuel Macron « ,

« C’est le cas d’Astrid Panosyan, ancienne conseillère d’Emmanuel Macron lorsque ce dernier était à Bercy. Elle a un temps été pressentie pour devenir ministre du Travail et occupe la fonction de directrice générale chez Unibail-Rodamco,

Il y a aussi Benjamin Griveaux, actuel secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie, (…) il a occupé les fonctions de porte-parole de la campagne d’Emmanuel Macron. Ce membre de la garde rapprochée du président de la République connaît bien Unibail-Rodamco… pour en avoir été le directeur de la communication du groupe de 2014 à 2016.

Sans oublier Guillaume Poitrinal, président de Unibail-Rodamco jusqu’en 2013, qui était un proche de François Hollande. Il a notamment été chargé par l’ancien locataire de l’Élysée de mettre en musique le choc de simplification, ensemble de mesures destiné à « simplifier la vie des Français et des entreprises » — et particulièrement dans le domaine immobilier. C’est par ailleurs un conseiller d’Unibail-Rodamco, un ancien préfet, Jean-Pierre Duport, qui a inspiré l’article 28 du projet de loi Macron, en 2015, qui visait à simplifier le droit de l’urbanisme ».       https://reporterre.net/Le-promoteur-de-Val-Tolosa-est-peuple-d-amis-d-Emmanuel-Macron

Une victoire momentanée ?

Certes, Val Tolosa reçoit son 5ème carton rouge de la Justice mais, comme le déclare Patrick Gaborit, co président du collectif « Non à Val Tolosa » :

« Cette victoire ne reste malheureusement qu'une étape dans notre lutte pour le respect du droit et des aspirations des citoyens. Nous restons mobilisés et vigilants tant que l'ensemble des engins et installations de chantier n'auront pas disparu du plateau de la Ménude. Pendant la période de suspension de l'arrêté préfectoral, notre vigilance reste la seule garantie pour contrer les provocations et les mises devant le fait accompli que nous subissons depuis des années ».

Jean-Pierre Baro

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vendredi, 13 mai 2016 17:13

VAL TOLOSA : rien n’est encore joué !

Le collectif Non à Val Tolosa s’oppose depuis plus de dix ans au mégaprojet de centre commercial « Val Tolosa ».

En septembre 2015, les militants ont bloqué les travaux de voirie engagés illégalement par le promoteur. Selon les opposants, Unibail-Rodamco voulait "forcer la main" du conseil départemental en réalisant les travaux de voirie. Alerté par le collectif "Non à Val Tolosa" Georges Méric, président du Conseil départemental a appellé à l’apaisement et a demandé la suspension immédiate des travaux.

Le président du Conseil départemental s'est déclaré défavorable à la réalisation du projet Val Tolosa dans son dimensionnement actuel, le 13 octobre 2015. Il a demandé l'intervention du gouvernement.

Janvier 2016, un déni de démocratie inacceptable : alors que le rapporteur à la Cour d’appel de Bordeaux s’apprête à proposer l’annulation du permis de construire de 2009, le promoteur dépose des pièces nouvelles au dossier, alors que la procédure d’instruction est close depuis le 3 novembre 2014, la Cour a accepté de surseoir au jugement le 11 janvier 2016 et de rouvrir le dossier et l'instruction en accordant un nouveau délai.

Le 13 janvier 2016, une réunion est convoquée à l’Elysée, les opposants sont écartés, Un médiateur est désigné.

A l’issue d’une médiation alibi et bâclée, un accord-cadre autour du projet de centre commercial Val Tolosa à Plaisance-du-Touch a été signé en préfecture de Haute-Garonne Jeudi 31 mars 2016.

Le tribunal administratif annule le avril 2016 l'arrêté préfectoral du 29 août 2013 qui autorisait la destruction d'une centaine d'espèces protégées sur l'emprise du site et à compenser les atteintes environnementales par l'achat de terres situées à proximité. « le Tribunal a considéré que le projet ne justifie aucunement d'un intérêt public majeur comme prétendu par le promoteur et donne ainsi raison aux associations".

Par arrêté municipal de la mairie de Plaisance du Touch, du 5 avril 2016, deux enquêtes publiques sont ouvertes du 25 avril au 7 juin 2016.

Commentaires de Pascal Barbier co-président du collectif « Non à Val Tolosa », à l’occasion d’une conférence de presse tenue le 10 mai 2016 à l’Utopia de Tournrfeuille.

Dernière minute :

La cour d'appel de Bordeaux a annulé le 14 juin 2016 le permis de construire délivré en 2009 à Unibail

Publié dans Environnement
jeudi, 17 avril 2014 10:03

9 ans de luttes contre Val Tolosa

Reportage : Jean-Pierre Baro


Vous n'avez aucune chance  mais saisissez-la ! C'est le combat opiniâtre et festif d'un collectif de citoyens contre un projet inutile porté par plusieurs multinationales pendant neuf ans. Le combat de David contre Goliath. Ce reportage tente d'éviter l'écueil "anciens combattants", c'est l'exemple d'une résistance contre la société de consommation qui nous étouffe...

Publié dans Environnement